| Bien que sculptant depuis sa sa
plus petite enfance , cest seulement à lage
de cinquante ans quil fit de la sculpture son
métier à part entière. Mais la profession quil
exerça jusque là, en loccurrence la
kinésithérapie, ne fut certainement pas étrangère au
magnifique sens de lanatomie que lon trouve
dans son oeuvre. La consécration ne se fit dailleurs pas attendre puisque, six ans seulement aprés sa première exposition au Centre Culturel Français de Dakar, il expose à la documenta de Kassel en allemagne en 1992. Depuis, sec sculptures parcourent le monde, de New York au Japon en passant par lEurope et la biennale de Venise. En 1984, inspiré par les photos de Leni Reifensthal représentant les Noubas du sud Soudan, il commençe à travailler sur les lutteurs de cette ethnie et réalise sa première serie de sculptures : « les Noubas ». En 1988, naîtront « les Masaïs », en 1991 « les Zoulous », et enfin, en 1993, « les Peuls ». Entre temps, en 1989, il réalise pour la commémoration du Bicentenaire de la Révolution Française, deux groupes de sculptures : « Mariane et les Révolutionnaires »,et « Toussaint lOuverture et la vieille esclave ». Toujours , il sculpte sans modèle. Sa matière, il linvente . En une savante alchimie, il laisse macérer pendant des années un certain nombre de produits. Cette matière est pour lui une oeuvre en elle-même, une matière qui le rend presque aussi heureux que la naissance de la sculpture. Il lapplique sur une ossature faite de fer, de paille et dejute,laissant à la nature et au matériau sa part de liberté, ouvrant la porte à limprévu. Une attitude fondamentalement artistique , mais Africaine aussi. Car sa vie autant que son oeuvre , sont aujourdhui profondément ancrées dans son pays . Il nimagine dailleurs pas pouvoir sculpter ailleurs quau Sénégal. Et, alors quil vécut une vingtaine dannée en France, plus rien ni personne ne pourrait lui faire quitter sa terre Africaine. |
Béatrice SOULE |